VOLLEYBALL

A l'instar du football, en Haïti, le volley-ball, Racine Grahamvoila une discipline qui ne cesse de vendre une image positive du pays à l'extérieur. Autrement dit, le Volley-ball haïtien est en train de reprendre petit-à-petit sa place dans la zone caraïbe, en témoigne la deuxième place acquise par la sélection masculine en avril dernier à Gros-Islet (Sainte-Lucie) dans le groupe J, composé du pays hôte, Saint-Kitts & Nevis et Salvador au terme de l'avant dernière phase des éliminatoires de la coupe du monde de la Fivb, Pologne 2014. Pourtant, les dirigeants de cette discipline sportive se trouvent divisés, et ce, sur bien des points. Pour évoquer ce problème, le Nouvelliste a rencontré pour vous, la présidente de la Fédération haïtienne de volley-ball (Fhvb), Margareth Graham. Cette dernière en a profité pour faire le point sur l'ensemble des activités de sa fédération, les échéances des sélections (masculine et féminine), avant d'évoquer la division qui fait rage au sein de la famille du volley haïtien. Son interview !

Le Nouvelliste : La sélection masculine de volley-ball a pris la deuxième place du groupe J au terme du second tour des éliminatoires de la coupe du monde de la FIVB, Pologne 2014, zone Norceca. Alors, peut-on parler de satisfaction  sur la prestation d'ensemble de l'équipe nationale ?

Margareth Graham : Nous sommes extrêmement satisfaits de la prestation de l'équipe masculine de volley-ball, mais nous ne nous reposerons pas sur nos lauriers. Le volley haïtien est en train de se refaire un nom et une réputation sur les terrains de volley de la région, mais nous avons encore un long chemin à parcourir.  Notre objectif est de devenir, sur les 2 à 4 prochaines années, le meilleur de la Caraïbe (Zones CAZOVA & ECVA) et de damer le pion à la République dominicaine dans un avenir proche.

LE : Où et quand aura lieu la dernière phase de ces éliminatoires et quelle chance a l'équipe haïtienne d'atteindre cette phase ?

MG : Nous ne saurons qu'en janvier 2014 si l'équipe de volley masculine haïtienne participera à la 3e phase de ces éliminatoires. Ses chances sont très bonnes, vu que, des six équipes classées 2e, l'on choisira les 4 meilleures de la série des éliminatoires (Phase II), série qui vient tout juste de commencer avec le tournoi auquel Haïti vient de participer.

LE : Mis à part l'équipe masculine, que je sache, celle des filles doit disputer également le second tour des éliminatoires de la coupe du monde de la FIVB, Italie 2014. Comment vont les préparatifs ?

MG : Les filles rentreront en lice le 22 juin 2013, en Grenade et le groupe comprendra Haïti, la Grenade, la Dominique et Panama. Les préparatifs vont bon train. Nous sommes justement en train de planifier des échanges avec nos voisins, les Dominicains, de qui, aujourd'hui, nous avons tout à apprendre. Avoir l'opportunité de jouer des matchs de préparation est essentiel pour toute équipe qui se prépare pour une compétition et encore plus pour nous autres.

LA : La fédération a-t-elle déjà les moyens économiques nécessaires au voyage de cette sélection ?

MG : Non, pas encore. Les démarches ont été entreprises auprès des autorités concernées. Pour nous, ce n'est qu'une question de jours. Nous attendons  qu'elles nous confirment leur accompagnement financier.

LE : Que répondriez-vous à ceux qui disent que l'équipe masculine ferait mieux si elle comportait dans son sein  les joueurs de Banzaï ?

MG : Cette question est au conditionnel et avec « si », on pourrait mettre Paris dans une bouteille. Nous avons une excellente équipe, nous avons des joueurs qui  ont plus que valablement représenté le volley haïtien à Ste Lucie. Accordez-leur ce crédit et donnez-leur la chance de s'enorgueillir pour le travail et les prouesses qu'ils ont accomplis.

LE : Parlant justement de Banzaï. Que s'est-il passé avec Volley 2000 et l'équipe de père Hoet. Ce dernier n'avait pas mâché ses mots pour critiquer sévèrement le comportement des dirigeants de la FHVB et de la LVBRO ?

MG : Je ne suis pas partisane des polémiques, quelqu'en soit le sujet, sport ou autre, car elles ne peuvent, en aucune manière, servir une cause. Je te dirai tout simplement que les règlements et les conventions signés entre parties sont faits pour être respectés et que toutes les fois que l'autorité de la FHVB et des Ligues qui lui sont affiliées et dont les directoires ont été dûment élus par l'assemblée des clubs, est remise en question ou foulée aux pieds injustement, la FHVB ne se laissera pas faire. Une chose est certaine: on ne construit pas, on ne renforce pas les institutions en acceptant et entretenant le chaos, le désordre,  l'anarchie, le manque de respect de l'être et de la personne humaine. Nous voudrions, après notre passage à la tête de la FHVB, laisser une institution structurée, renforcée, respectée, aussi bien localement qu'internationalement, grâce au nouveau dynamisme qu'elle aura insufflé au monde du volley au respect qu'elle aura suscité par les résultats que ses équipes auront obtenus sur différents terrains.

LA : Vous venez de rafler le prix de meilleur dirigeant sportif du pays en 2012 lors du troisième gala annuel de l'Ashaps. Quelques mois après, la division fait rage au sein de la famille du volley-ball.   Comment expliquez-vous ce paradoxe ?

MG : Le prix de meilleur dirigeant sportif du pays pour l'année 2012 est le résultat d'un travail d'équipe, d'un travail collectif qui continue et qui donne des résultats à travers le pays.  Evitons de banaliser le travail que des milliers de jeunes et des centaines d'entraîneurs accomplissent tous les jours, en parlant de « division qui fait rage », de « paradoxe ». Aujourd'hui, le volley haïtien c'est 8 départements, 58 communes, 329 écoles, 698 équipes et 10,469 jeunes qui ont participé à la troisième édition du championnat national scolaire qui en est à sa 3e édition et dont la phase finale se jouera le week-end du 24-26 mai à Port-au-Prince. En 2010 lorsque nous avons pris charge, le volley-ball scolaire ne se jouait que dans une commune de la République. Le volley haïtien c'est 316 moniteurs et entraîneurs formés en 2012 par nos formateurs locaux, ceux de la Confédération régionale de volley-ball (NORCECA) et  ceux de la Fédération internationale de volley-ball.  Le volley c'est notre programme d'été, Mass mini volley qui, encore une fois cette année, s'annonce superbement bien. Le volley c'est aussi nos jeunes talents qui font partie de nos équipes nationales, juvéniles et junior, et leurs aînés, en équipes nationales senior. C'est ce travail collectif qui a été récompensé.

LA : Madame Graham, comment pensez- vous éradiquer ce mal qui ne cesse de ronger la grande famille du volley-ball?

MG : Au regard de ce qui précède, tu conviendras avec moi que  ce qui paraît être « un mal » ne l'est pas.  Les résultats parlent d'eux-mêmes (nous ne pouvons ni les fabriquer, ni broder autour), et cela fait de nombreuses années que le volley-ball n'a pas été suivi, ni médiatisé comme il l'est aujourd'hui.   Nous gardons le cap résolument sur l'avenir, demeurons très ouverts au dialogue, encourageons et recherchons l'inclusion de tous ceux qui veulent bien faire ce bout de chemin avec nous, dans l'ordre, la discipline, le respect d'autrui et le respect des règlements.  Nous voudrions  définitivement ramener sur les terrains de jeu les joueurs qui se retrouvent en dehors aujourd'hui, et pour ce faire, mettrons sur la table des propositions.

LA : Quelles sont les autres échéances du volley-ball haïtien (championnat national, séminaire et autres) ?

MG : Nous en avons plein et, si tu permets, je te listerai les plus importantes.

1) Cliniques par l'entraîneur olympique américain Tom Hogan - du 10 au 14 juin.

2) Eliminatoires coupe du monde - femmes - 21 au 24 juin en Grenade.

3) Visite d'une équipe féminine jr du Starling Club du Colorado - du 5 au 11 juillet.

4) Tournoi Cazova - Equipe junior filles - 14 au 21 juillet en Martinique.

5) Invitation de la Fédération Américaine à participer au High Performance Championships de Fort Lauderdale avec nos équipes juniors, filles et garçons - du 22 au 28 juillet.

5) Championnat national des clubs - du 1er au 4 août à Port-au-Prince.

6) Tournois Cazova - Equipe juvénile garçons - du 7 au 12 août à Trinidad & Tobago.

7) Formation niveau II - octobre 2013 à Port-au-Prince, et

8) Visite, durant le dernier trimestre de l'année 2013, d'un entraîneur international itinérant.

LA : S'il fallait placer un mot final, ce sera quoi au juste ?

MG :  Tout simplement, merci de nous accompagner et de nous donner cette opportunité de  rendre hommage à nos vaillants hommes et femmes, fillettes et garçonnets qui se dépensent pour revaloriser le volley, le faire vivre, et ainsi, faire vivre leur communauté et en bout de ligne, le pays tout entier.  Merci !

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