BASKETBALL

C’est la période des vaches maigres dans le monde du basket haïtien.emmanuelbonnefil ciba Cependant, Ticket Sport a pu mettre la main sur l’un des grands promoteurs du basket scolaire et corporatif du pays. Ainsi, Emmanuel Bonnefil, président du Comité Interscolaire du Basket-ball (CIBA) et Coordonnateur de l’Association Haïtienne de Basket-ball Corporatif (ASHBAC) a accepté volontiers de répondre à nos questions.

Ticket Sport : Quelle est votre lecture au terme de la dernière saison du basket organisé respectivement par le CIBA et l’ASHBAC ?

Emmanuel Bonnefil : Ça été une saison très difficile pour les deux entités. Le CIBA a eu la participation de 45 écoles, reparties en six (6) catégories (minime garçon, cadette fille et garçon, junior fille et garçon, et open garçon). Pour ce qui est de l’ASHBAC, elles étaient dix (10), les équipes qui y ont pris part. A côté de ces deux compétitions, il faut aussi ajouter le traditionnel tournoi organisé à « Soleil Antillais ». Au vu de toutes ces activités, sans vous cacher, j’ai éprouvé une énorme satisfaction.

TS : Alors, peut-on parler de bilan satisfaisant pour le basket ?

EB : Il est vrai qu’on n’a pas pu effectuer des voyages dans les villes de province (Haïti) et en République Dominicaine avec la sélection du CIBA. Il n’y a pas eu non plus la « Coupe Digicel » cette année. Cependant, la 9e édition du championnat de l’Unité (du 4 décembre 2013 au 23 mai 2014) a été un véritable succès, et ce, à tous points de vue. Vous imaginez qu’au terme de la saison, les écoliers ont pu disputer un total de 167 rencontres. Qui plus est, ils étaient presqu’à chaque journée des milliers, les gens qui avaient pris l’antre du CFC. Même cas de figure pour le championnat corporatif organisé par l’ASHBAC (du 30 novembre 2013 au 3 mai 2014). Les dix (10) équipes participantes ont disputé 97 matches. A chaque match, on faisait presque salle combe. Autant dire, le bilan est plus que satisfaisant eu égard aux prestations des athlètes. Il faut signaler aussi que les matches étaient de bonne qualité et sans oublier l’engouement manifesté par les amateurs du ballon orange.

TS : Pourquoi le CIBA n’a pas organisé la « Coupe Digicel » ?

EB : Vous savez que le CIBA est supporté par la Sogebank, le Diri Méga et le Lait Alaska, mais la Digicel reste notre sponsor officiel. La coupe n’a pas eu lieu cette année en raison des problèmes budgétaires pour répéter le responsable de marketing. Ce sera chose faite l’an prochain, car elle avait joué un rôle prépondérant en termes de visibilité pour la Digicel. Si tout se passe bien, la quatrième édition regroupera beaucoup plus d’équipes issues de la province. Par ailleurs, la sélection du CIBA se prépare en vue d’effectuer un voyage à la Martinique en août, car les parents n’ont pas voulu que les enfants partent en République dominicaine pour des raisons que vous connaissez. J’en profite pour signaler que le CIBA avait fêté en grande pompe ses 25 ans au Karibe le 22 décembre 2013. Pour l’occasion, on avait décerné 42 plaques d’honneur. A cette cérémonie, on était fier de la présence de Maître Gérard Gourgue, Sœur Claire Bernard de l’Institution du Sacré-Cœur, Robinson Vincent du Lycée Marie Jeanne, Michel-Ange Gédéon et certains représentants de médias du pays.

TS : En ce qui attrait à CIBA, quelles sont les écoles qui ont fait la plus forte impression ?

EB : Elles sont nombreuses, les écoles qui ont fait forte impression. L’Institution Saint-Louis Gonzague a été sacrée championne dans les catégories minime et cadette garçons. Chez les filles, l’Institution du Sacré-Cœur a été tout simplement irrésistible en remportant les catégories cadette et junior. Pour sa part, le Centre de Formation Classique (CFC) a été sacré champion dans la catégorie junior garçon, et ce sont les élèves de Jacques Roumain qui se sont emparés du trophée récompensant l’équipe championne de la catégorie Open garçon. Je tiens à signaler que la Digicel a offert à chaque équipe championne et vice-championne une enveloppe de 50 et de 25 mille gourdes. De son côté, le CIBA a offert un trophée et des médailles à ces équipes-là. Pour le reste, le meilleur joueur de chaque catégorie a eu droit à un téléphone D/700 (Digicel), un jump, boites à lunch, maillots et képis offerts par la Sogebank, un sac de Diri Méga et une caisse de Lait Alaska.

TS : Avant d’évoquer les activités de l’ASHBAC, vous souhaitez apporter quelques nouveautés aux compétitions organisées par le CIBA ?

EB : A côté de la catégorie minime qu’on avait lancée l’an dernier, le comité est en train d’étudier la possibilité pour qu’il y ait un tournoi mini-basket (10 et 12 ans). Vous savez c’est la crème du basket. On va en profiter pour tirer les meilleurs talents. Le CIBA ne vise pas seulement l’aspect commercial, il rêve aussi de placer nos meilleurs talents à l’échelle internationale voire de leur procurer des bourses d’études. L’an dernier, le championnat de l’Unité a eu la participation de 45 écoles, cette année, il se peut que l’on ouvre le cadre. Cependant, on ne va pas avoir un championnat dépassant 60 écoles.

TS : Qu’en est-il de l’ASHBAC ?

EB : L’ASHBAC 2013/2014 avait tenu toutes ses promesses. On avait eu droit à des matches de très grandes qualités. Le public a été au rendez-vous. Les sponsors : Digicel, Sogebank, Diri Méga, Lait Alaska, Sprite, Marché Ti Tony ont bien joué leur partition en offrant à chaque rencontre un tas de cadeaux aux amants du ballon orange.

TS : Les perspectives de l’ASHBAC ?

EB : La nouvelle édition de l’ASHBAC sera très ouverte. Ne sont pas habilités à prendre part à la compétition, les joueurs ayant joué professionnel aux USA (NBA, anciens et nouveaux de Collège), en Italie, en France, au Canada ou en Espagne. Grâce à la magie de l’Internet, on sera en mesure de détecter si un joueur avait joué pro dans ces pays. D’autre part, on est en train de négocier avec nos sponsors pour qu’il y ait une autre tribune (50 places) où l’on peut recevoir les VIP parlant justement des représentants de nos sponsors. Cette année, le championnat de l’ASHBAC comprendra 12 équipes. Il n’y a que deux places vacantes. Sur demande des équipes, il se peut bien qu’on fasse jouer la grande finale en trois ou en cinq rencontres.

Ticket Sport : Votre mot final ?

Emmanuel Bonnefil : Les activités du CIBA et de l’ASHBAC jouent un rôle important dans la vie de certains gens du pays. A chaque édition, ces entités ont embauché plus de 400 personnes. Ainsi, on est donc une source de financement pour ces gens-là. Je crois qu’il est temps que l’Etat haïtien fasse preuve de compréhension. Il doit supporter ce qui se fait de meilleur dans le pays. En un mot, l’Etat doit s’impliquer dans le basket. Je remercie Ticket Sport pour cette entrevue; j’en profite pour dire un grand merci à nos sponsors et aux différentes équipes.

Propos recueillis par Légupeterson Alexandre 

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