BASKETBALL

Que devient le Gymnasium Vincent ?

En pénétrant dans le Gymnasium Vincent pour un constat des lieux, le visiteur aura un haut le coeur qui lui fera tout bonnement vomir. Pour la simple et bonne raison, que son état laisse beaucoup à désirer. De gymnasium ou temple du basket qu' il était avant, il est tout simplement devenu une véritable boite à ordures .
Don du président Sténio Vincent aux fervents du basket-ball, le Stadium Vincent, communément appelé à l'époque, allait connaître une nette transformation sous la présidence de Jean-Claude Duvalier qualifié de « Grand protecteur des Sports ».
C'est ainsi que grâce aux incessantes démarches entreprises à l'époque par le lieutenant-colonel Maxime Antoine, président de la Fédération Haïtienne de Basket-Ball associé à ses bras droits qu'étaient le major Claude Jean et le lieutenant Yrven Méhu alias « Ti Méhu », tous des mordus de cette discipline, Jean-Claude Duvalier donna finalement le feu vert pour le décaissement des fonds visant aux travaux de réfection du Stadium Vincent.

Le rêve tant souhaité par la famille du basket haïtien de se doter d'un Gymnasium flambant neuf alla devenir réalité si bien que le vendredi 22 septembre 1979, le Gymnasium Jean-Claude Duvalier situé à la rue Romain fut inauguré en présence de certains officiels du Gouvernement dont le ministre des sports Théodore Achille, des supporters inconditionnels du basket-ball, joueurs, dirigeants de la Fédération, la presse etc...
Tribunes avec places assises, deux somptueux bureaux dont une salle pour conférence et réunion, deux vestiaires répondant aux normes internationales, une loge VIP, un scoreboard électronique et une surface en plancher.
Je me souviens que deux basketteurs et une basketteuse issus de la célèbre équipe Harlem Globtrotters, avaient répondu présent à l'invitation de la Fédération Haïtienne de Basket pour un show-time qui a tout bonnement enflammé le public.
Tout le monde à l'époque savourait l'idée d'aller au Gymnasium, voire fouler la surface en plancher interdite aux chaussures en cuir.
Lors des rencontres de basket, soit en interscolaire ou bien dans la division nationale, le Gymnasium battait toujours les records d'affluence même si à quelques mètres plus loin ( pour mieux préciser le stade Sylvio Cator ) se déroulait le combat des fauves (Violette-Racing).
Mis à part le basket, le Gymnasium servait également de lieu de rendez-vous pour amateurs d'autres disciplines sportives comme les arts martiaux, badmington, football en salle, boxe, tennis de table.
Sans oublier ces folles journées dominicales qu'organisait la Télévision Nationale d'Haïti avec la participation des ténors de la musique haïtienne de l'époque qu'étaient : Scorpio Universel, DP Express, Bossa Combo, Gemini All Stars de l'inoubliable chanteur Ti Manno.
Le désordre commençait à la chute des Duvalier
A la suite du départ de Jean-Claude Duvalier, des « déchoukeurs » sortis d' on ne sait où, en profitèrent pour investir le local du Gymnasium jusqu'à même emporter certains matériels.
Ces individus mals intentionnés et nullement inquiétés dans leurs actes de vandalisme s'en prirent également au comité exécutif de la Fédération particulièrement le président Maxime Antoine pour exiger la démission et procéder à l'élection d'un nouveau comité.
Ce sera à partir de là que commencera vraiment le gâchis. Dans ce désordre, chacun s'arroge le droit de s' ériger en maître et seigneur du Gymnasium et surtout en matière de gestion de l'enceinte.
Petit à petit, le Gymnasium Jean-Claude Duvalier redevenu Gymnasium Vincent, connaissait petit à petit la dégradation avec d'abord le plancher où des fissures sont remarquées en plusieurs endroits, les bureaux qui perdirent de leur fraîcheur, ajoutez l'état de délabrement des vestiaires.
Il a fallu attendre le régime de facto (après le coup d'Etat contre Aristide) pour qu' un certain ordre renaisse avec la gestion de l'enceinte sous la tutelle de la Secrétairerie d'Etat des Sports ( version Claude Roumain).
Les désordres recommenceront de plus belle au retour d'Aristide au pouvoir avec un administrateur nommé par la Secrétairerie d'Etat des Sports (version Evans Lescouflair) dont les connaissances en matière de gestion d'une infrastructure sportive comme le Gymnasium étaient totalement minimes.
Après les travaux de réaménagement du Stade Sylvio Cator par le Secrétaire d'Etat Evans Lescouflair, la grande famille du basket haïtien s'attendait à ce que ce dernier en fasse de même pour le Gymnasium, vu son état, mais il n'en fut rien.
Cette attente fut comblée en partie sous Herman Nau avec la remise en état de la salle de réunion, l'aménagement d'une partie de la toiture , les tribunes repeintes etc...
Mais, la surface laissait toujours à désirer, absence de scoreboard électronique et le pire, l'ancien stadium Vincent, la nuit servait de parking payant et de lieu pour autres activités malsaines. De grands travaux de réaménagement du Gymnasium avaient été annoncés sous l'ancien ministre des Sports, l'Ing.Bélizaire. On avait démarré avec la remise en état de la toiture si bien que les rumeurs faisaient état de l'arrivée d'un nouveau plancher offert par la compagnie de téléphonie mobile VOILA. Mais on a observé un brusque arrêt de ces travaux à la grande stupéfaction de tous.
Quelles sont les raisons qui ont entraîné ce brusque arrêt des travaux de réaménagement du Gymnasium ?
Et quand le ministére des Sports va-t-il se pencher enfin sur ce brûlant dossier ?
22 septembre 1979--22 septembre 2009, cela fait exactement trente ans que le Gymnasium a été inauguré.
Et après une visite effectuée, il est triste de constater le piteux état de l'enceinte.Si elle avait les facilités de langage, elle dirait « pitié pour moi »
Des carcasses de voitures éparpillées ici et là dans l'ancien stadium Vincent.
Et pour ce qui a trait de l'intérieur, n'en parlons pas : la surface de jeu disparaît et laisse la place à une eau stagnante abritant les moustiques, la totalité du matériel a été emportée, on ne sait par qui ?
Et vous serez surpris d'apprendre que pour accéder à l'intérieur du Gymnasium, c'est le chronomètre qui sert de petit pont. Emmanuel Bellevue
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